La bicyclette d’hier à aujourd’hui…

Chers amis, chers futurs amis, chère Bruxelles,

Je laisse la plume à Thomas, stagiaire chez ONCE UPON A TIME IN BRUSSELS, qui vous a concocté un super article sur l’histoire du vélo… Bonne lecture! Virginie

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de ce mode de locomotion responsable qu’a choisi ONCE pour vous faire découvrir de nombreux lieux insolites de Bruxelles, à savoir la bicyclette. Qui sait d’où vient le vélo ? Quand ce mode de transport est-il apparu sur les routes ? Quelle a été son évolution ?  Voilà de nombreuses questions auxquelles nous allons tenter de répondre !

Les premiers coups de « pédales » furent donnés au début du XIXe siècle avec l’invention du  vélocipède, enfin pas exactement, puisque ce drôle d’engin muni de deux roues et sur lequel l’utilisateur se tenait à califourchon, en était encore dépourvu! Il avançait alors à grands coups de jambes.
Utilisé au départ comme un loisir par la bourgeoisie, le vélocipède connaît un rapide engouement auprès de la haute société, à tel point qu’il devient un signe de distinction sociale. Egalement dénommé draisienne, en raison du nom de son inventeur allemand, Karl Von Drais von Sauerbroom, cet engin est toutefois l’objet de nombreuses railleries notamment de la part des vaudevilles parisiens qui le considèrent comme un objet excentrique, loufoque, digne d’un véhicule de cirque ou d’un jeu d’enfant. Fin de l’année 1820, le vélocipède tombe en désuétude et l’effet de mode s’estompe.
Ce n’est que durant la seconde moitié du siècle, dans les années 1860, que le vélocipède réapparaît. Il bénéficie alors d’une grande innovation : l’installation de pédales situées sur la roue avant. En Angleterre, l’emplacement de cet ajout aura pour conséquences l’augmentation de la taille de la roue avant et la réduction de la roue arrière dont le rôle était de garantir l’équilibre de l’ensemble. L’agrandissement du diamètre de la roue avant est destiné à augmenter la distance parcourue en un coup de pédales, puisque cette roue est la roue motrice. Le grand Bi est donc né de l’autre côté de la Manche, tout comme le tricycle. L’engouement pour le vélocipède renaît par l’intermédiaire d’une personnalité mondaine de Paris, Cora Pearl. Excentrique, cette dernière utilisa le vélocipède lors de ses déplacements ce qui suscita un effet de mode auprès de la haute société – le vélocipède restant un objet coûteux. À la fin du siècle, le vélocipède s’améliore encore techniquement avec l’adjonction d’une chaîne qui fait de la roue arrière la roue motrice, de freins, de pneumatiques créés par Dunlop et enfin, au début du siècle suivant, d’un dérailleur. La bicyclette au sens moderne du terme est née à l’aube du XXe siècle.
Bien qu’il soit encore considéré comme un engin excentrique, c’est par sa dimension sportive que le vélo acquiert ses lettres de noblesse. En cette fin du XIXe siècle, la compétition et les courses cyclistes se multiplient dans les villes et à la campagne. Le goût du sport se développe petit à petit : se fatiguer sans un but productif lié au labeur est quelque chose de neuf. Les premières années du XXe siècle voient se créer des compétitions prestigieuses telles que le Tour de France ou encore le Giro d’Italie ; ces compétitions sont de véritables évènements populaires.
À côté de cet esprit de compétition sportive, la bicyclette contribue également au développement du tourisme. Alors que le chemin de fer réduit les distances et popularise le déplacement, le vélo offre lui un sentiment d’autonomie et de liberté lors des pérégrinations des touristes. Le cycliste n’est plus dépendant des itinéraires ou des infrastructures, le vélo permet de découvrir ce qui n’est pas accessible avec le chemin de fer et permet ainsi d’élargir le champ du tourisme. La campagne, les paysages bucoliques, le petit patrimoine sont maintenant accessibles aux cyclistes qui deviennent ainsi des sortes d’explorateurs. Rapidement, des clubs, tels que le Touring Club en Angleterre, vont encadrer cette nouvelle pratique de la bourgeoisie et partir à la découverte des richesses du pays en arpentant les routes. Ces Touring Club feront la propagande du tourisme vélocipédique un peu partout en Europe. Devenue ainsi distinguée à la fin du XIXe siècle, la bicyclette est un engin réservé à une classe sociale huppée ; toutefois, cette pratique tend petit à petit à être copiée par la petite bourgeoisie citadine.

Cependant en 1895, avec l’apparition de l’automobile, les cyclistes et autres cyclotouristes bourgeois se font de plus en plus rares et optent désormais pour ce nouveau mode de transport offrant encore davantage d’indépendance ainsi que la sensation de vitesse. Au tournant du XIX – XXe siècle, la bicyclette change alors de public et devient le mode de locomotion des personnes qui n’ont pas les moyens de s’offrir une automobile ou qui sont trop jeunes pour en conduire une. Les usines, par exemple, ont vu s’amasser sur leur parking un très grand nombre de deux roues appartenant à leurs ouvriers. En effet, autrefois inabordable pour les ouvriers qui les produisaient, la bicyclette deviendra abordable suite aux progrès de l’industrie vélocipédique au cours du XXe siècle. En se popularisant par la baisse de son prix, elle véhicule de nombreux ouvriers, employés et paysans. Le vélo a également été utilisé par l’armée lors de conjonctures difficiles ou dans des lieux escarpés, tandis que la résistance l’a aussi employé pour convoyer de nombreux messages. Il devient en outre un engin utilitaire dans certaine profession à l’instar du facteur.
Outre les liaisons domicile-lieu de travail, ou des mobilités liées à la profession, le vélo a joué un rôle fondamental dans la conquête des loisirs populaires au XXe siècle. Il est l’un des modes de locomotion qui peut éloigner l’ouvrier de la ville et le lancer à la découverte de la campagne ou, au contraire, qui rapproche le paysan du monde urbain. Dans les milieux populaires, la bicyclette devient un cadeau le plus souvent offert aux adolescents en récompense de leur diplôme, ou constitue le premier achat effectué par un jeune salarié. L’importance de la place qu’occupe la bicyclette dans la culture populaire se retrouve également dans de nombreuses chansons comme La bicyclette d’Yves Montant, et À bicyclette de Bourvil.
Plus tard, à partir des années 60, l’usage du vélo recule au sein de la classe laborieuse à cause de la démocratisation de la voiture, celle-ci étant plus pratique et offrant davantage de confort à ses utilisateurs. Le vélo se retrouve dès lors à la marge et n’est plus utilisé que pour le sport, les loisirs et le militantisme. Le vélo de l’ouvrier se raréfie, tandis que l’étudiant est contraint de l’abandonner : l’utilisation de celui-ci est devenue trop dangereuse ou plutôt l’augmentation de la circulation a accru le danger de rouler à vélo.
Le sport et le loisir vont tout de même lancer sur le marché de nouveaux vélos plus légers ainsi que des vélos tout terrain, les VTT, appelés en anglais mountain bikes. Inventés dans les années 70, ces derniers sont dotés de larges pneus permettant à son utilisateur de se confronter aux terrains vallonnés en pleine nature ; ils provoquent un regain de popularité du vélo. Pour les plus jeunes, l’industrie du deux roues adapte son offre pour la rendre attrayante.

C’est également à partir des années 70 qu’un lien entre le vélo et l’écologie est établi ; il est désormais fait mention de vélo vert. Ce mode de locomotion devient en outre l’un des principaux symboles de ce mouvement écologique. Le vélo est en effet un mode de transport nécessitant peu d’énergie et qui occupe une petite partie de la voirie ; il devient petit à petit une alternative à la voiture. L’usage du vélo apparaît comme une solution par rapport à la congestion dans les grandes villes, à l’augmentation des coûts du carburant ou encore par conscience écologique. De nombreux aménagements sont dès lors entrepris pour renforcer la sécurité des cyclistes : créations de pistes ou bandes cyclables, de sas cyclables – des espaces réservés aux deux roues entre le feu de signalisation et la ligne d’arrêt des véhicules –, l’autorisation d’emprunter une rue à sens unique, le partage d’un site propre réservé aux bus, des parkings à vélos. Dans les années 90, des groupes tels que Vélorution militeront pour l’usage du vélo en ville et revendiqueront davantage d’amélioration de la voirie au profit des cyclistes. À côté de toutes ces transformations urbaines, de nouveaux services sont proposés tels que le vélopartage ; ce système, qui offre un vélo en libre accès aux usagers, a vu le jour à La Rochelle dans les années 70 et s’est ensuite lentement développé dans d’autres villes européennes. Le deux roues a également renoué avec le monde touristique suite au développement du tourisme alternatif qui s’initie à la même époque. De nombreux parcours touristiques sont proposés par des offices du tourisme, tant à la campagne qu’en ville. Des entreprises touristiques proposant des visites guidées ont ensuite été créées. Enfin récemment, une nouvelle dynamique s’est développée avec l’arrivée du vélo électrique ; ce dernier ne contraint plus le cycliste a un effort pénible mais lui offre un véritable plaisir à découvrir des lieux inconnus.

À très bientôt pour une balade à vélo dans Bruxelles.

Thomas

Bibliographie

DEBRAY R., La bicyclette, Gallimard, 1998.
GABORIAU P., « Les trois âges du vélo en France », Vingtième siècle. Revue d’histoire, n°29, 1991, pp. 17-33.
Bruxelles mobilité, http://www.bruxellesmobilite.irisnet.be/articles/velo/.

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